Toilettes sèches : pour ou contre la séparation des liquides et des solides ?

La séparation a inspiré le nom de la marque de toilettes sèches Separett, dont la conception de la cuvette dévie les urines vers le réseau des eaux usées ou vers une solution de stockage.

Toilette à séparation SEPARETT

Comme pour Clivus Multrum et Ecodomeo, là aussi un ventilateur fonctionne 24h/24, évacuant les odeurs. Les matières fécales contenant environ 70% d’eau, sèchent et diminuent de volume. Ainsi, la tâche consistant à vider les toilettes revient moins souvent que pour une toilette à compost. Coût : environ 850 euros hors installation.

Mais du point de vue du compostage et de la formation d’humus, il n’est pas vraiment judicieux de soustraire l’urine ni de sécher les fèces. L’humidité des excréments est en effet propice à l’activité bactérienne et donc au processus naturel d’humification.

Par ailleurs, stocker l’urine – qui représente 60 à 80 % de l’azote contenu dans nos excrétions – dans un réservoir, engendre la formation d’ammoniaque et de nitrate qui, lorsqu’ils sont épandus sur les sols, même dilués, se comportent comme un engrais chimique lessivable, donc polluant.

Néanmoins, dans un contexte urbain dense où les possibilités de compostage de toilettes à litière sont limitées, et compte tenu des forts enjeux auxquels l’humanité est confrontée concernant le rétablissement de flux circulaires des nutriments, la collecte séparée des urines pour fertiliser les champs environnants est un pis-aller écologique. Cette pratique trouve également son sens avec les grandes quantités d’urine recueillies lors des festivals et des grands événements sportifs, et sur tous les lieux publics très fréquentés (cinémas, stades, centres commerciaux ...).